Comportement et éducation

Le club du SLAG regroupe 9 races très différentes :
– 4 grands lévriers du groupe 10 (le sloughi, l’azawakh, le galgo espagnol et le chart polski)
– et 5 primitifs du groupe 5 (le chien de pharaon, le podenco ibicenco, le podenco canario, le cirneco de l’Etna et le podengo portugais).

Les caractères et comportements de ces races sont spécifiques à chacune, néanmoins les lévriers et les primitifs ont des points communs qui les différencient des autres races rencontrées plus communément dans les foyers : chiens de berger, de chasse ou de compagnie.

Importance du travail de l’éleveur

La qualité des reproducteurs et des conditions d’élevage conditionnent grandement le futur comportement du chiot. Des chiots issus de reproducteurs équilibrés et élevés dans un environnement adapté, auront plus de chance d’être équilibrés que les chiots issus de reproducteurs sociopathes et élevés dans une cave.

La mère joue un rôle d’éducation très important, d’une part par son propre comportement qu’elle va transmettre à ses chiots par mimétisme (d’où l’importance d’une mère équilibrée), et d’autre part dans l’acquisition des autocontrôles et de l’inhibition de la morsure (elle va « punir » un chiot turbulent ou qui fait mal en mordillant). C’est pourquoi il est important que les chiots ne soient pas séparés trop tôt de leur mère, ou soient éduqués par d’autres adultes si la mère s’en désintéresse précocément. Les jeux avec la fratrie sont aussi essentiels pour l’acquisition des bons comportements.

Par ailleurs la socialisation des chiots commence très jeune, par des manipulations douces de l’éleveur, puis par une évolution dans un environnement riche et varié. Si l’éleveur a des enfants et d’autres animaux (chats, chiens de races diverses), c’est encore mieux!
Des chiots élevés dans un chenil bétonné et ne voyant rien d’autre que le soigneur une fois par jour, seront sans aucun doute sociopathes et inadaptée à la vie de chien de compagnie (« syndrome du chenil »).

Tous ces points concernant l’élevage sont à vérifier par l’acheteur afin de mettre toutes les chances de son côté pour avoir un chiot gentil et équilibré.
L’âge minimum légal de vente des chiots est de 8 semaines, mais lorsqu’ils jouissent de bonnes conditions d’élevage, un départ chez leur nouveau maître quelques semaines plus tard ne pose aucun souci, au contraire.

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La socialisation

Même si le chiot provient d’un excellent élevage qui socialise parfaitement ses chiots, le travail doit être continué par le nouveau propriétaire, sinon tous les acquis peuvent être perdus.

Il ne faut pas croire les gens (voire parfois le vétérinaire!) qui disent que le chiot doit rester enfermé à la maison jusqu’à ce qu’il ait ses vaccinations valables. Le risque que le chiot attrape une maladie est faible si on ne l’emmène pas dans une exposition canine ou auprès d’un chien malade, et de toute façon vous ramenez les virus à la maison sous vos chaussures. Par contre le risque d’avoir un chien présentant des troubles du comportement s’il n’a pas été correctement socialisé avant l’âge de 4 à 6 mois est quasi certain.

Le chiot doit être habitué très jeune à de nombreuses sollicitations (humains étrangers, chiens, animaux, bruits et environnements divers…), mais sans l’apeurer ni le saturer. Il faut trouver le bon équilibre et ne pas insister si le chiot panique. Les écoles du chiot peuvent être intéressantes pour un chiot déluré et joueur qui y trouvera du plaisir, mais catastrophiques si un chiot timide devient le souffre-douleur des petits caïds du bac à sable. Dans tous les cas il ne faut jamais forcer un chiot à être touché (surtout pour nos races du SLAG souvent moins amicales avec les étrangers que d’autres races), ou à faire face à une situation qui le panique. Il est préférable de laisser tomber temporairement et d’y revenir plus tard, par le jeu ou les friandises, ou quand le chiot sera plus sûr de lui.

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Un jardin est-il nécessaire?

Même s’il se trouvera toujours des contre-exemples de primitifs ou grands lévriers vivant correctement en appartement avec des maîtres très motivés et disponibles, ces races sont peu adaptées à la vie citadine en appartement par rapport à d’autres races plus petites et se contentant de promenades en laisse.

Quelque soit la race, un jardin, même petit, est un confort sans égal autant pour le chien que pour le propriétaire. Rien de tel qu’une roulade dans le gazon fraichement tondu, et l’exploration des papillons et des criquets pour se divertir. Et quand le chien aura la diarrhée à 3 heure du matin, il sera plus pratique d’ouvrir simplement la porte du jardin plutôt que de descendre dans la rue en chemise de nuit!

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Un jardin n’exonère pas le propriétaire de promenades très régulières pour contenter l’appétit d’exploration et de galop de nos races ; mais avec un jardin en solution de secours et pour les simples sorties hygiéniques, les promenades resteront un plaisir et non une corvée.

Il est indispensable que nos races puisse s’égayer et galoper en liberté, ce qui nécessite en promenade un minimum d’éducation et un endroit sécurisé loin des routes. Si ces conditions ne sont pas réunies ou si le chien ne peut pas être lâché en extérieur, il est indispensable qu’il puisse assouvir ce besoin de galopade autrement, soit dans un jardin aux dimensions conséquentes, soit en pratiquant le racing ou le coursing dans des clubs de travail le week-end.

 

Une clôture est-elle nécessaire?

Les lévriers et les primitifs sont des chiens vifs et énergiques qui aiment courir et chasser. Ils ne peuvent absolument pas rester sur une propriété non clôturée comme le font parfois certains chiens de berger et de compagnie : ils partiront se promener seul, chaque jour un peu loin, jusqu’à faire des razzias dans les poulaillers des voisins et passer sous les roues d’une voiture, ou disparaître à tout jamais.

Il est donc indispensable d’avoir un terrain très bien clôturé (sans trou) et à une hauteur conséquente (un podenco décidé à se faire la belle peut être très tenace!). Certains chiens resteront sagement dans le jardin avec une misérable clôture d’1m20 alors que d’autres franchiront d’un bond une clôture à 1m60, il vaut mieux donc tout prévoir.

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Et avec les inconnus et les enfants?

Il existe des variations importantes de caractère d’un individu à l’autre. Certains peuvent être amicaux avec les inconnus, mais les grands lévriers et les primitifs sont parfois très méfiants et ne se laisseront pas approcher ou tripoter par n’importe qui. Il convient alors d’être vigilant et de ne pas laisser des inconnus ou des enfants importuner un chien qui demande à être laissé tranquille, sinon il pourra facilement « pincer », avec toutes les conséquences que cela implique dans nos sociétés qui refusent de plus en plus au chien le droit d’être un animal avec des réactions d’animal.

Par ailleurs les enfants pourront être déçus des jeux et activités avec leur grand lévrier ou primitif. Ce sont des chiens qui jouent rarement à la baballe, sauf exception, leur plaisir à eux c’est courir ou chasser. Et si l’enfant souhaite pratiquer de l’agility ou de l’obérythmée, il aura probablement plus de plaisir avec une race adaptée qu’avec une race du SLAG.

A la maison avec les jeunes enfants il convient de prendre les précautions de bon sens comme avec tout chien : un simple « pinçage » d’avertissement peut avoir des conséquences dramatiques sur le visage d’un bébé. Ainsi l’enfant n’a pas tous les droits vis-à-vis du chien et celui-ci n’est pas un jouet. Le panier du chien doit être respecté par l’enfant et une surveillance accrue sera exercée si les chiens ont l’habitude de dormir dans les canapés, ce qui met leur gueule au niveau du visage de l’enfant. Les jeunes enfants ne sont pas capables d’interpréter les signes d’avertissement du chien : retroussage de babines ou grognement, c’est aux parents d’exercer leur vigilance et de ne pas mettre le chien en situation d’inconfort face à un jeune enfant. Bien entendu un jeune enfant ne doit jamais être laissé seul avec un chien même très gentil.

 

L’obéissance

Contrairement aux races bergères qui ont tendance à rester proche en promenade et à avoir une certaine obéissance naturelle, les primitifs et grands lévriers nécessitent un apprentissage pour avoir un minimum de rappel et pour ne pas constamment disparaître dans les bois à la recherche d’un gibier. Et même chez les individus relativement obéissants, cette obéissance restera aléatoire et ne sera jamais garantie en présence d’une sollicitation forte (gibier par exemple). Il sera nécessaire d’être à l’affût et de rappeler le chien AVANT qu’il ne voit quelque chose d’intéressant, une fois qu’il sera fixé sur cette chose intéressante il deviendra totalement sourd au rappel. Dans certains cas (région très giboyeuse ou présence de nombreuses routes), il ne sera pas possible de lâcher le lévrier ou le primitif à l’extérieur sans mettre sa vie en danger. Il faudra alors lui trouver un autre moyen de se défouler.

Dans la vie de tous les jours les primitifs et les grands lévriers n’en font parfois qu’à leur tête, surtout à la période délicate de l’adolescence. Il est inutile d’essayer à tout prix d’avoir le dernier mot ou de contraindre le chien à obéir, ce qui pourrait entacher la relation de confiance avec lui. Mieux vaut laisser tomber et l’ignorer, et y revenir plus tard. Néanmoins tout chien et même un primitif ou grand lévrier doit connaître et respecter les règles de la maison et les limites à ne pas franchir, qui doivent lui être clairement signifiées dès son arrivée. Hors de question de se transformer en hooligan et de faire sa loi!
Une grande fermeté (sans jamais de brutalité) est à appliquer lors de la période parfois difficile de l’adolescence (à partir de 7-8 mois), lorsque le chien va tester les limites de manière plus ou moins insistantes selon son caractère : main de fer dans gant de velours, en restant toujours très calme.

 

La propreté

La propreté est toujours une préoccupation majeure chez les propriétaires d’un jeune chiot (quelle que soit la race), alors qu’elle ne devrait pas l’être. Un jeune chiot est incapable physiologiquement d’être propre pendant plusieurs heures : le passage par la case serpillère est donc incontournable, si on ne veut pas ramasser de pipi et de caca il est préférable de s’orienter sur un adulte et non sur un jeune chiot.

Selon les individus et la durée pendant laquelle ils doivent rester seuls sans sortir, les chiots deviennent propres vers 5 ou 6 mois, parfois plus tôt ou plus tard. Les choses viendront donc naturellement avec le temps, et en attendant il faut ranger les tapis et confiner le chiot dans un endroit facile à nettoyer en cas d’absence, sans en faire toute une histoire au moment de nettoyer, ce qui ne ferait que retarder l’apprentissage du chiot en entraînant chez lui stress et incompréhension du courroux de son maître.

Par ailleurs faire ses besoins à l’extérieur et non à l’intérieur ne coule pas forcément de source pour un chiot, il ne faut pas oublier de bien lui faire comprendre que c’est à l’extérieur que les besoins se font, en le félicitant chaque fois qu’il s’exécute au bon endroit. Il ne faut bien sûr jamais gronder a posteriori un jeune chiot qui a fait pipi ou caca dans la maison, et encore moins lui mettre le nez dedans.

Les races du SLAG ne sont pas réputées comme des races sales ou dont l’apprentissage à la propreté est difficile, mais ce sont des races très sensibles. Une incompréhension du chiot par rapport à ce qui lui est demandé pourrait donc engendrer un stress et retarder cet apprentissage.

 

Voici comment Fabienne Graizely parlait de ses GALGOS ESPAGNOLS en octobre 2008 sur un forum :

J’ai eu 5 galgos LOF, ma première Lafuria était très active et un vraie pot de colle.
Ensuite il y a eu Lolita et Lobo issus d’un élevage français, Lolita était une femelle plutôt indépendante qui venait chercher les câlins quand elle le décidait. Trés calme à la maison, elle tempérait les autres.
Lobo était un mâle peureux, quasiment inapprochable par les hommes. Dominant envers les autres mâles il protégait ses femelles, et était trés calme à la maison, j’étais sa seule maitresse, il n’avait vraiment confiance qu’en moi. Lolita et Lobo n’ont jamais fait de grosses bêtises à la maison.
Aujourd’hui je vis avec Jaime et Cagueme tous les deux issus d’élevages espagnols, je trouve une différence d’énergie avec les poils durs. Peut être que les poils durs sont plus calmes ?
Jaime est assez indépendante, elle n’aime pas les jeux brutaux.
Cagueme qui est encore en pleine adolescence, est très vif, c’est un amour de galgo, extrêmement affectueux et câlin. L’énergie du galgo, cela n’est pas un mythe.
Pour ce qui est de l’obéissance, mes 5 galgos ont toujours été parfaitement obéissants, je n’ai jamais connu de fugue, la clôture de la maison est basse et jamais un chien ne s’est enfui malgré les lapins visibles.
En balade mes galgos ne sont jamais attachés, bien sûr il y a eu quelques dérapages et rencontres malencontreuses avec des lapins et chevreuils, les galgos partent derrière mais reviennent toujours.
Les galgos n’apprécient pas les balades en laisse, ils ont besoin de se défouler en courant.
Je trouve qu’il y a beaucoup plus de différences entre les mâles et les femelles, les femelles sont plus indépendantes, et boudeuses. Les mâles eux réflechissent moins, ils sont beaucoup plus câlins.
D’une manière générale, les galgos n’aiment pas la violence, les cris, ils n’obéissent que par amour et la force ne donne aucun résultat. Ils font tout pour faire plaisir à leur maître. Les galgos adorent les enfants et je n’ai jamais eu de galgos aboyeurs.
Je m’arrête car je pourrais encore continuer pendant des heures, cela fait maintenant depuis 1975 que les galgos m’accompagnent.

 

Voici comment le Dr Christian VANTU, juge, FCI, parle de l’AZAWAKH (source azawakh-oska)

Vif, attentif, distant, l’Azawakh est réservé avec les étrangers, il peut même être inapprochable, mais doux et affectueux avec ceux qu’il accepte. L’Azawakh est plus près du fier « loup domestique » que du chien obéissant. Il faut avoir une forte personnalité pour qu’il vous accepte comme maître.
C’est difficile à croire pour ceux qui n’ont jamais eu un Azawakh, mais il peut être très affectueux avec son propriétaire, quand aucun « ennemi » éventuel n’est en vue. C’est vrai, ce chien est très méfiant, mais personnellement j’aime cette caractéristique. Il faut sans doute de longues journées avant qu’il ne s’habitue à une nouvelle personne et plus encore pour qu’il l’accepte dans son environnement. C’est lui qui approchera et jamais le contraire.
C’est la raison pour laquelle il n’est pas bon de les toucher quand nous les jugeons, surtout les jeunes, car cela les stresse davantage et leur fait détester les expositions canines. A cause de leur méfiance, ils ont besoin de plus de temps pour s’habituer à un nouvel environnement et à la foule. Si le chien parvient à se conduire normalement dans cette ambiance inconfortable, pourquoi le stresser davantage en le touchant. De toute façon nous pouvons tout voir, donc nous n’avons pas besoin de les toucher. Si un juge ne peut pas comprendre comment ou pourquoi quelqu’un peut accepter ce type de comportement chez un chien, c’est seulement parce qu’il n’en a jamais eu. Tant qu’il est un parfait compagnon pour tous les membres de sa famille, et qu’il peut être correctement présenté sur un ring, sa méfiance ne doit pas être considérée comme un défaut mais comme….. une qualité.
Je ne peux personnellement imaginer un Azawakh d’une obéissance totale et inconditionnelle, ou trop sociable. J’apprécie ce caractère et c’est l’une des raisons qui me fait aimer cette race. Personne n’aime les beautés perdues mais nous aimons tous le mystère et la dignité des beautés naturelles, voir sauvages. Sachons conserver leur pureté.